Dans cette histoire qui sent bon le praliné et le cacao, je redeviens un gosse qui découvre le monde avec des yeux « grand comme ça ». Un peu comme à l’image de Charlie Bucket qui a trouvé l’un des cinq tickets d’or et qui s’apprête à visiter la chocolaterie de Monsieur Willy Wonka. À mon tour, j’allais passer une journée entière dans un lieu tout aussi fou : la Manufacture Cluizel. Retour sur cette incroyable journée de mai placée sous le signe du rêve d’enfant.

C’est quelque part en Haute-Normandie, plus précisément à Damville que se trouve ce temple de la gourmandise grand de 18 000 m2. Et autant vous dire qu’il vaudrait mieux ne pas s’y perdre si on veut être à la maison pour le dîner.

Quoi qu’après réflexion, passer une nuit, seul dans cette jolie manufacture unique en France -c’est l’une des rares à maîtriser la transformation de la fève en pâte de cacao, pour en faire ensuite un délicieux chocolat d’exception-, n’est pas une si mauvaise idée en fin de compte. On ne risque pas de s’ennuyer et encore moins de mourir de faim.

Durant cette visite orchestrée par Marc Cluizel et ses sœurs, j’en apprends un peu plus sur cet art gourmand qu’est le chocolat.

Comme toute forme d’artisanat digne de ce nom, le savoir-faire occupe une place centrale. Chez les Cluizel, cela fait soixante-dix ans qu’il se transmet de génération en génération, poussé par une vision commune qui trouve son équilibre entre tradition, modernité et une recherche constante de l’excellence. Ajoutez à cette dextérité les meilleurs ingrédients que l’on puisse trouver sur la planète. Par exemple des fèves cultivées sur des terres de renoms telles que le Mexique, Saint-Domingue, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Sao Tomé et bien évidemment, Madagascar. Vous obtiendrez le cœur même d’une fabrication haut-de-gamme pour des recettes qui ne manqueront pas de faire exploser vos papilles de bonheur.

Ce bonheur, il a décidé de prendre ses quartiers à Damville.

Vient ce moment où je me retrouve complètement déconnecté de la réalité : je n’écoute plus personne et cela ne m’étonnerait guère de voir passer quelques Oompa Loompa. Je viens de pénétrer dans une grande pièce où est entreposée une partie des friandises fraîchement emballées. Juste à côté, de longs tapis roulants font défilés sous mes yeux charmés une variété impressionnante de sucreries. Une seule chose compte à ce moment précis : la contemplation.

Puis, je me souviens que Marc Cluizel avait dit qu’on avait le droit goûter un peu à tout. Et aussi qu’il produise près de 10 tonnes de chocolats par jour ici. Un grand sourire se dessine sur mon visage…

Je vous épargne la suite de l’histoire. Gourmand et fidèle à moi-même, vous pouvez aisément imaginer la suite.

Je peux juste vous dire que jamais je n’ai mangé autant de (bons) chocolats de ma vie. Que c’était une très belle expérience et que l’enfant en moi n’a rien à envier au héros du film de Tim Burton. Je pense même que si Charlie et sa famille avaient testé les douceurs chocolatées de Michel Cluizel, ils seraient venus s’installer à Damville.